Quelle relation entretenez-vous avec vos objets ?

C’est le Black Friday demain. Si vous n’êtes pas au courant c’est sans doute que vous étiez sur une île déserte ! 

Pas une publicité à la radio (je ne regarde pas la télé) qui n’y fasse pas référence, pas un commerce autour de chez moi qui ne fasse pas de promotion.

Cela frise l’écœurement

Ce n’est pas le fait de consommer en soi, qui me gêne, mais la manière dont nous sommes incités à consommer.

Cette tentation permanente à laquelle nous sommes exposés, à travers le matraquage publicitaire qui joue sur notre envie naturelle d’en avoir toujours plus et sur le plaisir que nous éprouvons lorsque nous achetons quelque chose. Sans parler de l’obsolescence programmée qui en augmentant la vitesse d’usure des produits, nous contraint à en renouveler notre équipement.

Ce n’est pas totalement notre faute certes.

Il n’empêche.

En plus de faire mourir notre planète à petit feu de nos excès, notre société d’abondance et de consommation nous  transforme peu à peu.

Nous sommes en train de devenir des acheteurs frénétiques, qui veulent en avoir plus pour satisfaire leur estime de soi et soutenir la comparaison avec la famille, les amis, les voisins…, ou parce qu’ils sont convaincus que la possession de tel ou tel objet les rendra plus heureux.

Elle favorise un rapport aux objets que nous possédons que je trouve malsain, en nous incitant à leur donner un rôle qu’ils ne peuvent pas avoir.

On ne peut pas faire dépendre son bonheur d’objets du moins lorsque ses besoins primaires sont satisfaits.  Car il est bien évident que quand on n’a pas de toit sur sa tête, quand on souffre du froid ou de la faim, le bonheur dépendra justement de la satisfaction de ces besoins.

Mais lorsqu’on se dit qu’avec cette nouvelle télévision, ce nouveau téléphone, cet objet qui nous fait envie, le bonheur est à portée de mains, il y a quelque chose qui cloche. 

Surtout qu’en général la satisfaction est de courte durée :  blasé, on passe à l’objet suivant, celui qui nous rendra heureux (pour de bon cette fois…).

Mais alors comment sortir (ou ne pas entrer) de ce rapport malsain aux objets ?

Carreau de ciment Rose-Taupe

DEVENIR MINIMALISTE ?

Il y a la voie du « minimalisme ».

Si vous tapez ce mot sur Google vous verrez que c’est un phénomène dont on parle beaucoup sur la blogosphère. Entre témoignages ponctuels, vidéos et blogs dédiés à ce sujet, j’ai vraiment l’impression que cela a pris un tournant ces dernières années. 

Il y en avait beaucoup moins, quand je me suis intéressée pour la première fois au sujet en 2011 après avoir découvert les livres de Dominique Loreau. 

LE MINIMALISME C'EST QUOI ?

Ce n’est pas un mouvement d’origine écologiste, comme le mouvement zéro déchet, qui prônerait la décroissance, mais c’est vraiment une réaction au trop-plein d’objets que nous possédons.

Il n’y a pas qu’un style de vie minimaliste, il y en a autant que de gens qui se disent minimalistes. Entre ceux qui prétendent vivre avec moins de 100 objets et qui sont nomades, ceux qui vivent dans une tiny house, et ceux qui ont des enfants et vivent dans une maison de taille normale… 

Chacun place le curseur du « minimum » vital où il veut en fonction de ses besoins.

Mais globalement tous ceux que j’ai pu lire sur internet et qui sont donc les plus médiatisés (Joshua Becker, Leo Babauta, Fumio Sasaki,  Joshua Fields Millburn et Ryan Nicodemus, Colin Wright, Tammy Sobel…) font une relation entre posséder moins d’objets et vivre mieux.

Posséder moins d’objets leur a permis d’avoir plus de temps à passer avec leurs être chers,  de se concentrer sur ce qui est important : passions, valeurs,  relations humaines, santé, de profiter du moment présent, de chercher un sens à leur vie, de découvrir leur mission, leur pourquoi ….

Je suis d’accord avec beaucoup de choses :

  • je suis plutôt de ceux qui privilégient la qualité à la quantité,
  • je suis convaincue qu’il ne faut pas devenir l’esclave des choses, mais toujours en rester le maître et cela implique de pouvoir les contrôler et de les maintenir à leur juste place. Notamment chez nous. On ne devrait jamais avoir l’impression que notre intérieur est plus un lieu de stockage qu’un lieu de vie, que l’on passe après les choses parce que l’on n’a plus la place de vivre sous son propre toit…

Mais j’estime qu’ils font fausse route sur deux points.

LES ERREURS DU MINIMALISME

D’abord en établissant un lien de cause à effet entre le fait de se consacrer aux choses importantes, non matérielles et d’avoir moins d’objets.

Je trouve cela caricatural.

Le minimaliste libre et léger comme l’air, qui a du temps pour lui puisqu’il ne possède plus rien ou presque, et prend le temps de méditer, de penser aux autres, de nouer des relations humaines enrichissantes ; face au consommateur qui passe son temps à faire les boutiques, accumule des objets, et mène une vie vide de sens et de liens humains parce que toute sa vie ne tourne qu’autour de ses objets.

Il n’y a pas de lien entre les deux. 

Le minimalisme a été une révélation pour eux, ils avaient besoin de faire le vide autour d’eux pour se tourner vers d’autres sources de joies. Probablement parce qu’ils partaient d’assez haut sur l’échelle de la consommation. Ils sont passés d’un extrême à l’autre.

Mais cela ne veut pas dire que c’est nécessaire pour y arriver. 

D’autres obstacles que les objets peuvent se dresser entre vous et votre famille, vos proches, ou même entre vous et vous : travailler tous les jours, soirs et week-ends compris, pas nécessairement pour l’argent mais pour le plaisir, passer ses journées à jouer aux jeux vidéo, sur son téléphone portable, ou à faire du sport à outrance…

En réalité c’est une question d’état d’esprit : est-ce qu’on a l’esprit libre pour réfléchir sur soi et sur ce qui est important dans sa vie, pour trouver un sens à sa vie. Et ça pour moi, c’est indépendant du nombre d’objets que l’on possède.

Ensuite, prônant le détachement face aux objets.

Je revendique le droit d’aimer, d’être attaché à ses objets. Il n’y a pas de honte ou de culpabilité à avoir. On peut aimer ses objets, sans verser dans l’animisme (après tout on dit bien qu’on aime le fromage ou qu’on adore les gâteaux…).

Attention ! Je n’ai pas dit les faire passer avant les humains : je vous rassure, s’il y a un incendie chez moi je pars avec mes enfants, tant pis pour le reste.

ET SI ON PROFITAIT SEREINEMENT DE CE QUE NOUS POSSÉDONS....

La solution n’est pas de considérer les objets comme des ennemis ou d’attendre d’eux des choses qu’ils ne peuvent pas nous donner, mais d’en profiter tranquillement, sereinement.

Parce que les objets sont des créations humaines, ou en tout cas nés dans le cerveau d’un être humain et qu’ils ont une utilité.

Il ne s’agit pas d’être heureux de posséder l’objet, car peu importe qu’on en soit propriétaire ou non, mais d’apprécier son utilisation, le service qu’il nous rend. Et de les aimer pour cela.

RECONNAITRE LE SERVICE QUE NOUS RENDENT LES OBJETS

Reconnaître ce service rendu, ce plaisir procuré c’est leur donner leur juste place.

Encore faut-il s’en apercevoir….

Pourriez-vous comme cela, au débotté, me citer cinq de vos objets préférés et me dire pourquoi ils le sont ?

Ce n’est pas si évident. 

Vous ne vous étiez jamais posé la question ?

Cela fait quelque temps que je m’intéresse à la psychologie positive et que je dévore les livres que je peux trouver sur ce sujet. J’en ai lu un sur le principe de gratitude écrit par un chercheur, Robert A Emmons. 

Il explique que pour nous aider à nous sentir plus heureux il est bon de chaque jour prendre le temps de noter les moments positifs qui se sont passés dans notre journée. Cela peut être un sourire échangé avec quelqu’un d’un dans le métro, le spectacle d’un arbre en fleur ou de la vigne vierge qui rougeoie en automne…. 

Cela aide à apprécier sa journée et sa vie. Etre content de ce que l’on possède déjà. Se forcer à  se remémorer le positif plutôt que les choses négatives que nous avons tendance à ruminer ad nauseam, contribue à nous rendre plus heureux. 

Personnellement je n’arrive pas à tenir un journal régulier, mais je prends le temps de noter ces choses mentalement et d’en profiter sur le moment.

On peut tout à fait transposer ce principe aux objets que l’on utilise au quotidien.

C’est-à-dire prendre le temps de se rendre compte, à chaque fois qu’on se sert d’un objet, de ce qu’il nous apporte, que ce soit :

  • procurer un plaisir esthétique 
  •  simplifier une tâche, 
  • faire gagner du temps, 
  • susciter une émotion, 
  • rappeler de bons souvenirs
  • ...

SAVOIR BIEN S'ENTOURER

Savoir ce que tel ou tel objet nous apporte, permet de céder moins facilement aux sirènes de la publicité notamment pour remplacer un objet qui donne toute satisfaction, mais elle permet également de devenir plus exigeant avec ce que nous apportons chez nous ou ce qui doit y rester.

On profite mieux de ses objets, lorsqu’on se rend compte de ce qu’ils nous apportent, ils sortent du lot anonyme des objets interchangeables, on se les approprie réellement :

 « Je ne suis pour toi qu’un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde… » 

dit le Renard au Petit Prince de Saint Exupéry

Lorsqu’on a conscience de tout ce que nous apporte tel ou tel objet, de tous ses points positifs, on sera moins enclin à prendre le modèle plus récent, parce qu’il sera moins attrayant à moins d’avoir des fonctions qui nous manquent réellement tous les jours.

Il en est des objets comme des gens,  il faut savoir bien s’entourer.

Quel plaisir alors, lorsque nous posons notre regard sur les objets qui nous entourent, et que nous ne voyons que des choses qui nous font plaisir ou qui nous sont utiles et que nous aimons !

C’est pour cette raison que je réfléchis à 2 fois avant d’acheter quelque chose, même en cas de coup de cœur,  je prends toujours le temps de me poser des questions. 

Non pas sur mon « besoin », car soyons honnêtes, on ne peut pas justifier tous nos achats par un  besoin (j’adore les boucles d’oreilles, j’en porte tous les jours mais en ai-je réellement besoin ? J’en doute…). Je m’interroge plutôt sur les conditions dans lesquelles je vais utiliser cet objet, ou sur la manière dont il pourrait m’apporter de la satisfaction.

Ce qui ne m’empêche pas de faire des erreurs. Peu importe car je m’en rends compte et surtout je sais comment les réparer. Justement parce que je sais ce qui mérite de rester chez moi. Lorsqu’un objet n’est pas fait pour moi, parce qu’il m’apporte des frustrations à chaque fois que je l’utilise, ou parce que je ne l’aime plus, (à plus forte raison parce que je ne l’ai jamais aimé), sa place n’est pas chez nous.

Ne garder que le meilleur, n’est-ce pas une philosophie de vie plus attirante que le minimalisme ? 

A très bientôt et signature - Taupe (9c9394)

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Copyright Une maison qui donne des ailes | Mentions légales | Cookies |